MARIE-AUBE LANIEL
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En écho à Riopelle
Type de projet
Land art
Date
2025
Emplacement
Musée du Bronze d'Inverness
Détails
Cliquez sur chacune des photos pour une description de l'œuvre.
Avec En écho à Riopelle, je déploie un projet de recherche-création sculpturale qui s’inscrit dans un dialogue critique et sensible avec l’œuvre de Jean-Paul Riopelle. Cette exposition ne se conçoit ni comme un hommage ni comme une prolongation formelle, mais comme un écho : une résonance différée entre deux pratiques ancrées dans des contextes historiques, matériels et conceptuels distincts, réunies par une attention commune portée au territoire et à la faune. Le projet prend forme dans un contexte où la disparition du vivant n’est plus une hypothèse, mais une condition à laquelle il devient impossible de se soustraire.
Déplacement des processus et filiation critique
Là où Riopelle explorait, dès le milieu du XXᵉ siècle, des gestes profondément novateurs — tels que l’usage d’animaux morts comme pochoirs ou l’intégration d’éléments dissimulés dans la matière — je relis ces processus à partir d’une conscience écologique contemporaine, marquée par une responsabilité accrue du geste artistique. Je ne cite pas son iconographie ; j’en déplace les fondements opératoires afin d’en éprouver la persistance et la capacité de friction dans le champ actuel de l’art, affirmant une filiation critique plutôt qu’un héritage figé.
La faune comme figure liminale
La faune agit ici comme une figure liminale, un espace instable entre la vie et la mort, révélant l’interdépendance des règnes et la fragilité des équilibres écologiques. J’aborde la relation humaine au vivant dans toute sa complexité, incluant la chasse comme geste ancestral de subsistance et de transmission, inscrite dans un rapport de respect, de nécessité et distincte des logiques d’accumulation et de domination. L’animal devient ainsi un révélateur des tensions contemporaines entre survie, perte et responsabilité.
Matérialité, lenteur et éthique du faire
Le recours au saule, matériau renouvelable et récolté de manière éthique, structure l’ensemble du projet. Ce choix affirme une éthique du faire fondée sur la lenteur, la croissance et l’ancrage territorial, tout en refusant toute trace nocive ou permanente. Les sculptures sont volontairement soumises à une exposition prolongée en extérieur, afin que le froid, l’humidité et les résidus organiques viennent altérer et patiner la matière. Cette temporalité m’oblige à renoncer à toute maîtrise totale : le vivant et le temps deviennent des co-auteurs du processus de création.













